Aller au contenu

Le saviez-vous ?

Mobile-Impact est un calculateur de CO2 avec lequel on peut faire le tour du monde

Copie d'écran (extrait) du calculateur Mobile-Impact

 

Mobile‑Impact est un nouveau calculateur/comparateur de mobilité disponible librement sur internet et spécialement destiné aux écoles et au grand public. Il n’a pas pour vocation de concurrencer les calculateurs professionnels qui estiment la consommation d’énergie et les nuisances à l’environnement provoquées par les déplacements en avion, en train ou en voiture: Mobile‑Impact est un outil convivial et ludique pour faire comprendre à tous les enjeux de la mobilité, principal facteur de réchauffement climatique en Suisse.

N’importe où dans le monde, Mobile-Impact permet de suivre sur une carte géographique ses trajets à pied, à cheval, à vélo (aussi électrique), en transports publics (bus, train, bateau), à moto, en voiture, en avion, en hélicoptère et même en char d’assaut! Des compteurs montrent en continu les kilomètres et les dénivelés parcourus, l’énergie consommée, la pollution émise et le CO2 dégagé.

Tous les véhicules utilisables sur le calculateur Mobile-Impact

Un des points forts de Mobile-Impact est sa capacité de comparer deux modes de transport vers une même destination, et d’afficher simultanément leurs parcours sur la carte et leurs effets sur l’environnement. Ainsi, par exemple, on peut faire la différence entre un voyage en voiture hybride occupée par 5 personnes et le même trajet effectué dans un train occupé au tiers de sa capacité. Le logiciel, qui utilise les informations de Google Maps, déroule les trajets en proportion de leur vitesse; il affiche aussi les étapes et les temps de repos.

Calculateur Mobile-Impact

Mobile-Impact est un outil pédagogique pour l’enseignement

Le calculateur s’accompagne d’un guide pour les enseignants, de 21 séquences vidéos sur la mobilité réalisées par la Radio Télévision Suisse (RTS), et de diverses infos pour clarifier le sujet. Il constitue ainsi une véritable ressource pédagogique sur la mobilité, discipline qui fait partie du programme de l’enseignement obligatoire. Un enseignant peut, par exemple, demander à ses élèves d’organiser le trajet d’un voyage d’études en fixant des objectifs de consommation d’énergie et d’émissions de polluants par participant.

Ensemble d’outils pédagogiques Mobile-Impact

La Suisse compte plus d’une voiture pour deux habitants

En Suisse, la mobilité pèse pour un tiers de la consommation d’énergie et 40% des émissions de CO2 – sans parler de la pollution et du bruit qui touchent surtout les centres urbains. C’est donc un sujet important qui mêle à la fois des enjeux d’économie, de société, de santé publique, d’énergie et d’environnement.

Le ver luisant se déplace sur 4 moyens de transport en modèles réduits: train, voiture, vélo et avion.

La Suisse compte 8 millions d’habitants et 4,3 millions de voitures (2013). Il y a aussi 400’000 véhicules de transports de marchandise, 700’000 motos et scooters, 3000 locomotives et 3600 avions. Pour les vélos, le chiffre n’est pas connu puisque la plupart n’ont pas de plaques d’immatriculation, mais le dernier recensement sur la mobilité (2010) indique que 69% des ménages en possède au moins un.

On se déplace toujours plus

Les déplacements augmentent plus rapidement que la population. On fait en moyenne 37 km par jour à l’intérieur du pays – soit 1h30 de trajet quotidien – dont les deux tiers en véhicules à moteur. Or, un trajet en voiture sur deux et presque 80% des trajets en bus ou tram font moins de 5 km – une distance facile à parcourir à vélo. De plus, un trajet en voiture sur huit, et environ un trajet en bus ou tram sur cinq, font moins d’un kilomètre – ce qui est faisable à pied pour la plupart des gens. D’autant que les études scientifiques montrent que celui qui se déplace régulièrement à pied réduit d’un quart ses risques de maladies cardiovasculaires. Et celui qui se rend au travail à vélo réduit de presque 30% son risque de mourir jeune.

 

Retour en début d’article

 

 

 

La couleur d’une peinture peut influencer la consommation d’énergie

Façade d'immeuble peinte de plusieurs couleurs

Choisir une couleur pour une façade, un mur intérieur, un plafond, un radiateur ou une tôle exposée au soleil n’est pas seulement une affaire d’esthétique. C’est aussi une question d’énergie et d’environnement. Car les peintures se comportent différemment face au rayonnement du soleil et des lampes d’éclairage, qu’il soit visible (lumière) ou invisible (ultraviolet et infrarouge). Et la couleur n’est pas seule en jeu: les divers composants d’une peinture déterminent comment le rayonnement est absorbé et réfléchi, et comment l’élément peint peut rayonner de la chaleur.

Des murs et un plafond clairs diminuent les besoins d’éclairage

Un mur intérieur peint en blanc renvoie dans la pièce environ trois-quarts de la lumière qu’il reçoit – qu’elle provienne d’une lampe ou du jour extérieur. Il en réfléchit presque tout autant s’il est peint en jaune, mais environ moitié moins s’il est peint en bleu. Et recouvert de peinture noire, il réfléchit moins d’un vingtième de la lumière qui lui parvient. Ainsi, plus la couleur d’une pièce est foncée, et plus il faut de puissance lumineuse pour l’éclairer – on devra aussi allumer les lampes plus tôt dans la soirée, et les éteindre plus tard dans la matinée. De surcroît, un mur ou un plafond foncé rend l’éclairage indirect peu performant. Dans ce cas, il vaut mieux installer des luminaires dirigés directement sur les endroits à éclairer.

Vue d'une cuisine peinte de couleurs foncéesVue de la même cuisine peinte en blanc

De jour, des parois et un plafond clairs favorisent la pénétration de la lumière naturelle au fond de la pièce. De nuit, ils permettent d’éclairer la pièce avec moins d’électricité, et avec des lampes à éclairage indirect – contrairement aux murs et au plafond sombres qui reflètent mal la lumière. 


Un sol et un plafond sombres donnent l’impression que la pièce est plus petite, en largeur comme en hauteur. Et un sol très clair et brillant est généralement perçu comme désagréable.

Il y a des teintes colorées plus lumineuses que certains blancs

La clarté (ou luminosité) d’une peinture est indiquée sur le pot ou dans la documentation du fabricant (voir le nuancier en magasin ou sur internet). On parle de la valeur de réflectance de la lumière (ou LRV, Light Reflectance Value). Il vaut la peine de consulter cette information car, suivant la composition de la peinture, un blanc peut avoir une LRV qui va de 70 (il réfléchit 70% de la lumière) à plus de 90 (il réfléchit au moins 90% de la lumière). On constatera aussi qu’un rouge vif (LRV 20-35) est généralement moins lumineux qu’un vert (LRV 30-60). De surcroît, dans leurs mélanges, certains fabricants utilisent des composants réfléchissants pour augmenter la luminosité des teintes. Ainsi, des verts et des bleus pastels (avec une grande proportion de blanc) peuvent atteindre une luminosité plus grande que celle d’un blanc pur ordinaire.

Sale, le blanc perd de sa luminosité

Avec les années, un plafond blanc peut perdre un tiers de sa luminosité. Repeindre le plafond du salon ou laver celui de la cuisine, c’est donc améliorer son efficacité pour l’éclairage. Il faut savoir qu’une peinture lavable est généralement brillante, c’est-à-dire qu’elle a tendance à renvoyer la lumière "en ricochet" (on peut y deviner son reflet), alors qu’une peinture mate (non brillante) diffuse la lumière en tous sens. Entre les deux, la peinture est dite satinée. En règle générale, pour une même teinte, une peinture brillante offre un peu plus de luminosité qu’une mate, mais la brillance est souvent gênante dans les activités quotidiennes – et c’est particulièrement vrai pour un sol qu’on préfère foncé et mat. À ce propos, un sol clair facilite certes la réflection de la lumière, mais son influence sur la puissance d’éclairage nécessaire au confort visuel est peu importante par rapport à celle des parois et du plafond.

On gagne à choisir la peinture d’une façade en fonction du soleil

Les peintures destinées aux façades des bâtiments doivent affronter davantage de contraintes que celles prévues pour les murs intérieurs. En plein été au soleil, une couche rouge-bordeaux peut dépasser une température de 80°C, alors qu’une façade jaune reste autour de 65°C. Or, en plus des effets négatifs de la chaleur sur ses constituants, une couche de peinture foncée subit aussi de plus grandes variations de température lorsqu’un nuage passe devant le soleil: les tensions qui s’ensuivent favorisent les dégâts sur le revêtement.

Schéma: le spectre de l'énergie solaire

Cet effet est particulièrement marqué sur les façades isolées par l’extérieur, composée par exemple d’un crépi peint posé sur une couche de polystyrène d’une vingtaine de centimètres d’épaisseur. Car l’isolant fait bien son travail: il freine le transfert de chaleur vers la maçonnerie, si bien que la couche de peinture s’échauffe beaucoup plus fortement que si le crépi était posé directement sur le béton ou la brique. Il existe d’ailleurs une norme de construction SIA (243/118, édition 2008) qui limite l’emploi de couleurs foncées pour les façades exposées au soleil. Pour offrir quand même un choix de couleurs sombres aux architectes, les fabricants ont développé des peintures spéciales, qui contiennent des oxydes métalliques pour réfléchir aussi en grande partie le rayonnement solaire qui se situe dans l’infrarouge proche. C’est aussi ce principe qu’utilisent certaines peintures dites "isolantes".

Peintures isolantes : il faut distinguer l’infrarouge "proche" de l’infrarouge "moyen"

Avant de parler des peintures isolantes, il faut dire quelques mots sur l’infrarouge. L’infrarouge que nous envoie le soleil est dit "proche" parce qu’il se situe tout proche de la lumière visible. Ses longueurs d’ondes s’étalent de 0,7 à 2,5 micromètres. Il faut le distinguer de l’infrarouge dit "moyen": c’est par exemple la chaleur émise par les murs intérieurs, les meubles et les personnes (autour de 10 micromètres). C’est cet infrarouge moyen que révèlent les images de thermographie en fausses couleurs pour identifier, en hiver, les points mal isolés des bâtiments.

Le ver luisant inspecte la peiture qui est sur un pinceau à l'aide d'une loupe

Ainsi, les peintures dites "isolantes" sont sensées jouer sur le rayonnement infrarouge, en plus de jouer sur la lumière visible avec la couleur. Mais attention! Derrière le terme de "peinture isolante", on peut trouver plusieurs types de produits à l’efficacité très variable :

  • Pour lutter contre la chaleur : des peintures réfléchissantes, généralement blanches. Prévues pour un emploi extérieur, elles réfléchissent dans l’idéal une grande partie du rayonnement solaire visible et invisible. Elles réduisent l’échauffement d’objets et de bâtiments exposés au soleil: toitures, réservoirs d’eau ou de combustible, mobilier extérieur, carrosseries de véhicules, etc. Il faut s’intéresser à leur pouvoir réfléchissant sur l’ensemble du spectre solaire (total solar reflectance). Dans le meilleur des cas, la baisse de température de l’élément peint est de l’ordre de 15-20%. Mais ce qui est un avantage en été devient un désavantage en hiver, car l’élément peint ne profite pas du rayonnement solaire pour se réchauffer. Ainsi, ces peintures sont plutôt destinées à des bâtiments non isolés situés en climat chaud, où le gain d’énergie sur les systèmes d’air conditionné est plus important que le supplément de chauffage qu’elles entraînent. 
  • Pour lutter contre les murs intérieurs froids et les moisissures dues à la condensation : des peintures contenant des microbilles de verre creuses. Elles sont deux ou trois fois plus isolantes que des peintures standards et peuvent augmenter légèrement la température de surface du mur, ce qui peut retarder l’apparition de la condensation. Mais étant donné la très faible couche posée (une centaine de microns), l’effet isolant est très faible et il ne faut pas en attendre une réduction des frais de chauffage.
  • Pour isoler sa maison contre le froid : des peintures utilisables à l’intérieur et/ou à l’extérieur, et annoncées comme capables d’isoler thermiquement un bâtiment, comme le ferait 20 cm de laine de verre ou 12 cm de polyuréthane (!). Décrites souvent comme "issues de la recherche spatiale", ce sont au mieux des peintures isolantes ou réfléchissantes, comme décrites plus haut: elles peuvent améliorer le confort intérieur, mais il ne faut pas en attendre des réductions de frais de chauffage. Certes, dans le vide spatial – sans air, donc – un film très réfléchissant suffit à bloquer les rayonnements et à isoler un satellite. Mais sur Terre, l’air conduit et transporte la chaleur: même si la peinture agissait idéalement sur le rayonnement infrarouge, elle n’aurait pas plus d’effet que quelques millimètres d’isolant – et l’efficacité serait encore plus faible en extérieur à cause des mouvements d’air qui accroissent les échanges thermiques.
    Attention aussi aux images de thermographie (sur lesquelles on voit la température des objets en fausses couleurs) qui cherchent à prouver l’efficacité de certaines peintures isolantes. Si la peinture contient des particules réfléchissantes, ce n’est pas la température du mur (ou du plafond) qu’on y "voit", mais les infrarouges d’autres éléments de la pièce qui s’y réfléchissent: sur l’image, le mur (ou le plafond) a donc l’air plus chaud que sa température réelle.
  • Pour éviter la condensation sur une façade isolée par l’extérieur : des peintures dites à "faible émissivité" ou "à changement de phase" : elles limitent le refroidissement de la couche de peinture durant la nuit, ce qui réduit la condensation de l’humidité et donc les salissures qui peuvent s’ensuivre (algues et moisissures). Le domaine est nouveau et il vaut mieux se fier aux déclarations techniques officielles plutôt qu’aux seules publicités.
  • Pour éviter les salissures : des peintures (généralement pour l’intérieur) peu perméables à la graisse et à l’eau, mais perméable à la vapeur d’eau. Le terme "isolant" est ici employé non pas en terme d’énergie, mais en terme d’étanchéité. Étalée sur un mur tâché (humidité, moisissures, suie, nicotine etc.), une telle peinture évite que les taches redeviennent visibles.

 

À considérer dans le choix d’une peinture :
solvants, réflexion, émissivité, santé, environnement...

Radiateur peint de toutes les couleurs

Élaborer des peintures qui soient belles, efficaces, solides, durables et avec peu d’impacts sur la santé et l’environnement est vraiment une science. Au cours des dernières années, les fabricants ont fait d’énormes progrès, notamment pour les débarrasser d’une grande partie de leurs solvants (composés organiques volatils ou COV). Les COV posent à la fois des problèmes de santé et de pollution de l’air; ils sont notamment impliqués dans la formation de l’ozone estival qui agresse nos poumons. De plus, les fabricants ont diminué la présence de substances nocives et de métaux lourds dangereux. Sans parler des nouveautés dans les pigments et les composants spéciaux qui donnent à une peinture sa couleur et ses propriétés physiques. En matière de peinture et de couleurs, voici quelques questions à se poser qui touchent l’énergie et l’environnement :

5 différents ecolabels pour la peinture
    • Pour toutes les peintures : existe-il une peinture similaire qui contienne moins de solvants (diluable à l’eau) et moins de composants dommageables pour la santé et l’environnement? Il existe plusieurs écolabels à consulter. La Fondation Suisse Couleur (qui regroupe notamment des fabricants de peinture) propose un label qui s’inspire de l’Etiquette-énergie (voir en haut à droite). Le canton de Genève a mis en place le label Pinceau-Vert (en bas, à droite).
    • Pour la cuisine ou la salle de bains : ne serait-il pas judicieux de vérifier si la peinture actuelle est lavable – et d’essayer de la nettoyer pour voir si on ne retrouve pas la clarté d’origine sans avoir à redonner une couche de peinture neuve?
    • Pour un mur ou un plafond intérieur : la couleur que je choisis n’est-elle pas trop sombre, au point de demander davantage d’éclairage? Comment réfléchit-elle la lumière, quelle est sa réfléctance (LRV)? N’y a-t-il pas, pour la même teinte, une peinture plus lumineuse?
    • Pour une façade isolée par l’extérieur et exposée au soleil : la teinte choisie n’est-elle pas trop sombre pour bien résister au rayonnement solaire? Quelle est son indice d’absorption de la lumière visible et du rayonnement solaire total? Est-elle en accord avec la norme SIA?
Voiture peinte de deux couleurs
    • Pour un élément extérieur qu’on veut protéger du soleil : la peinture est-elle assez réfléchissante? Réfléchit-elle aussi les infrarouges? Quelle est sa réflectance sur l’ensemble du spectre solaire (total solar reflectance)?
    • Pour un élément qui doit capter le soleil (capteur solaire thermique, marmite de four solaire) : une peinture noire mate, très absorbante non seulement de la lumière visible, mais aussi de l’infrarouge proche (pour capter toute l’énergie du soleil), et avec une faible émissivité dans l’infrarouge moyen (pour dégager peu de chaleur).
    • Pour un radiateur : la peinture est-elle prévue spécialement pour un radiateur? A-t-elle une grande émissivité (= peu réfléchissante), ce qui lui permet de bien diffuser la chaleur.
Rotissoire peinte de deux couleurs
  • Pour une carrosserie de voiture : la couleur est-elle assez claire et très réfléchissante (faible émissivité) pour éviter de devoir trop utiliser la climatisation durant l’été (la climatisation augmente la consommation de carburant) - en savoir plus.
  • Pour un plat de cuisson au four : on ne va pas repeindre un plat à gratin ou à patisserie! Mais au moment du choix, il faut savoir qu’un modèle de qualité de couleur noire mate absorbe généralement mieux la chaleur qu’un plat brillant. La cuisson de la base d’une pâtisserie ou d’un gratin en sera plus efficace.

Et lorsqu’on a fini de peindre, on se rappellera que les peintures sont des déchets spéciaux – même si leur pot porte un label écologique. Les pots non vides sont à remettre en déchetterie ou dans un commerce spécialisé.

 

Retour en début d’article

 

Un jacuzzi (spa) peut consommer davantage d’électricité que tout un ménage

  Ours polaire dans un jacuzzi (spa)

Le plaisir du jacuzzi* (ou spa): se détendre dans l’eau chaude sous les étoiles, à l’extérieur et en plein hiver, avec de puissants jets bouillonnants qui vous massent le corps...

Le tableau serait parfait si l’engin ne consommait pas autant d’énergie – et au moment où il faudrait justement en économiser. En effet, c’est en hiver que les jacuzzis de plein air sont les plus utilisés, à une période de l’année où les chauffages, les éclairages et les appareils domestiques fonctionnent à plein régime: en hiver, la Suisse devient importatrice nette d’électricité. Or, l’électricité importée est en partie issue de centrales thermiques qui brûlent du charbon, du gaz ou du mazout – elles dégagent donc de la pollution et du CO2 qui bouleverse notre climat.

Tout un appareillage sous la cuvette

La consommation électrique annuelle d’un jacuzzi pour 4 personnes, placé en extérieur, peut s’échelonner entre 2500 et plus de 7500 kWh – du simple au triple. À titre de comparaison, un ménage type, sans chauffage électrique, consomme environ 3500 kWh par an. 3500 kWh, c’est aussi l’électricité que demande annuellement une pompe à chaleur pour chauffer toute une maison de 150 m2 construite aux normes énergétiques actuelles.

Le ver luisant inspecte le mécanisme d'un jacuzzi (spa)

Sous la carcasse d’un jacuzzi (spa) se cache toute une machinerie nécessitant de l’électricité : une pompe de faible puissance et un filtre pour épurer l’eau, une pompe de forte puissance et un réseau de tuyaux pour produire les jets, un compresseur pour engendrer des bulles, un chauffage, une commande électronique. Suivant les modèles de jacuzzi, il existe aussi d’autres fonctions: un système de désinfection, un dispositif d’éclairage, une gestion électronique pilotée par télécommande, un diffuseur de musique...

La facture d’électricité du jacuzzi dépend du climat, du fait que l’engin soit enterré ou non, du volume d’eau à chauffer, de l’isolation de la cuve et du couvercle, de l’efficience de ses dispositifs électriques (système de chauffage, pompes, filtration, désinfection...), de la fréquence d’utilisation, de la température à laquelle on maintient l’eau entre deux séances... et de l’attention des baigneurs (voir les conseils d’utilisation, plus bas).

Un jacuzzi (spa) demande de l’entretien

Il faut savoir qu’on ne vide pas un jacuzzi après chaque bain, mais seulement trois à cinq fois par an – à moins qu’on le mette hors service une partie de l’année. En effet, remplir la cuve d’eau puis la chauffer jusqu’à 35-40°C peut prendre plus de 24 heures suivant la puissance du chauffage. Et chaque mise en eau demande un traitement de choc avec des produits chimiques.

Comme dans une piscine, la qualité de l’eau doit être surveillée de près: correction du pH, adoucissement de la dureté ("calcaire") et désinfection (à base de chlore, de brome, de lithium, d’UV ou d’ozone). La désinfection est particulièrement importante, parce que la température élevée de l’eau est propice au développement des algues et des microorganismes (légionelles, notamment), et parce que le volume d’eau est faible par rapport à celui des corps humains qui s’y prélassent. Un jacuzzi a donc besoin d’une pompe qui fonctionne plusieurs heures par jour, pour faire passer l’eau à travers un filtre – à nettoyer idéalement chaque semaine.

Gonflable, transportable ou fixe

La même pompe peut servir à la filtration et à produire les jets de massage. Mais les jacuzzis performants ont généralement des pompes séparées pour le filtrage, les jets de massage, et la production des bulles. Ces éléments peuvent être soit dissimulés sous la cuvette, soit placés dans un local adjacent. Car il y a des modèles pour toutes les bourses: jacuzzi gonflable avec une seule pompe à tout faire, y compris pour le gonflage (dès CHF 500.-), jacuzzi en matière synthétique "transportable" à poser sur le sol, ou "encastrable" à intégrer dans une structure bâtie (de 3000.- à 20’000.-), jacuzzi "fixe" en béton, en pierre, ou avec revêtement en mosaïque (jusqu’à plus de 50’000.-)

Jacuzzi (spa) muni d'un couvercle isolant

Un couvercle isolant permet de diminuer les pertes de chaleur de l’eau, à condition qu’il soit:

  • Bien adapté au jacuzzi pour ne pas laisser pénétrer l’air froid ni sortir la vapeur.
  • Assez épais pour offrir une bonne résistance thermique.
  • Étanche: un isolant mouillé perd de son efficacité.

Les isolants minces et les couvertures flottantes ne sont pas efficaces pour limiter les pertes thermiques du jacuzzi en hiver.

Jacuzzi (spa) et législation

La mode des jacuzzis se développe au moment où la Confédération et les cantons cherchent à réduire la consommation d’énergie du pays, que ce soit pour assurer notre autonomie énergétique ou pour remplir nos engagements internationaux en faveur du climat. En matière d’énergie, c’est la Confédération qui légifère sur les appareils électriques, et ce sont les cantons qui régissent le domaine des bâtiments et des piscines – considérés comme des installations "fixes". Or, les jacuzzis sont restés longtemps dans la "zone grise" de la législation: ils ne sont pas vraiment considérés comme des appareils électriques; leur volume d’eau est généralement faible par rapport à celui des piscines; et beaucoup sont "transportables", même si on ne les bouge plus une fois en place. Mais les cantons réagissent face au développement de ces "gouffres à énergie", et certains (FR, GE, VD) ont déjà modifié leur loi afin que les jacuzzis soient considérés comme des installations fixes et qu’ils soient chauffés avec des énergies renouvelables ou une pompe à chaleur (qui consomme, sur l’année, 2 à 3 fois moins d’électricité qu’une résistance électrique).

Si les lois cantonales diffèrent actuellement, il y a une même règle que toute personne intéressée par un jacuzzi devrait appliquer: se renseigner auprès de sa commune. Car, outre sa consommation d’énergie, le jacuzzi doit aussi respecter des réglements en matière d’installation sur le terrain, d’évacuation des eaux, et de bruits de voisinage.

 

Avant de se décider pour un jacuzzi (spa) :

  • Est-on prêt à assumer un engin qui consomme autant d’énergie, au moment où le climat de notre planète et la sécurité énergétique du pays incitent à y renoncer?
  • A-t-on une possibilité d’installer le jacuzzi en intérieur plutôt qu’en extérieur, afin de réduire sa consommation d’énergie?
  • Outre le prix d’achat et d’installation, a-t-on prévu les coûts d’électricité?
  • Qui va s’occuper de l’entretien du jacuzzi: nettoyage du filtre et de la cuve, surveillance de la qualité de l’eau?
  • S’est-on renseigné auprès de sa commune sur les autorisations nécessaires?
  • Emplacement: le sol est-il assez plat pour que la surface de l’eau ait le bon niveau? Peut-il supporter le poids d’un jacuzzi et de ses occupants (environ 1,5 tonne pour un jacuzzi de 4 personnes)?
  • Les pompes de massage et de filtrage, ainsi qu’une éventuelle pompe à chaleur pour le chauffage de l’eau, produisent du bruit et des vibrations: est-ce que le jacuzzi va être une source de nuisance pour ses propriétaires? Et pour le voisinage?
  • L’installation électrique peut-elle délivrer la puissance nécessaire aux pompes et au chauffage du jacuzzi (plusieurs kilowatts)? Les modèles américains donnent souvent la puissance des pompes en HP: 1 HP équivaut à ~745 watts.
  • Une évacuation vers les eaux usées est-elle prévue?
  • Un jacuzzi placé à l’intérieur va dégager beaucoup de vapeur qui peut provoquer des dégâts au bâtiment: une aération est-elle prévue?
  • Le jacuzzi peut-il passer par la porte ou le portail?

 

À l’achat d’un jacuzzi (spa) :

  • Se renseigner sur les besoins d’énergie du modèle, en fonctionnement et en mode "attente" (standby). Tenir compte du climat de sa région, et du fait que les indications des fabricants sont généralement plus optimistes que la réalité.
  • Dans certains cantons, il n’est pas autorisé de chauffer l’eau du jacuzzi avec une résistance électrique: se renseigner sur les possibilités d’utiliser une pompe à chaleur, des capteurs solaires ou d’autres énergies renouvelables. Même si la législation cantonale ne l’exige pas (encore), considérer les systèmes de chauffage sans résistance électrique.
  • Se renseigner sur la valeur d’isolation de la cuve et du couvercle. Il existe une unité qui décrit la perte de chaleur du jacuzzi en fonction de la différence de température entre l’eau et l’air extérieur: la valeur R (ou son inverse, la valeur U), plus R est grand (ou plus U est petit), plus l’isolation est performante. La puissance électrique nécessaire à maintenir la filtration et la température du jacuzzi en attente peut aussi être donnée en watts pour un certain écart de température. Par exemple: volume: 1000 litres, eau à 39°C et air extérieur à 15°C: 200 watts.
  • Se renseigner sur la consommation de la pompe de circulation pour la filtration de l’eau. Est-elle programmable pour ne fonctionner que quelques heures par jour. Y-a-t-il un mode "éco"?
  • Le mode de désinfection de l’eau est-il polluant pour les eaux? Ou gênant pour les personnes à la peau sensible?
  • S’assurer de recevoir un mode d’emploi clair et complet. Un jacuzzi demande de la maintenance: des mauvaises manipulations peuvent réduire sa durée de vie et provoquer une surconsommation d’énergie.

 

À l’installation d’un jacuzzi (spa) :

  • Lire le mode d’emploi, c’est peut-être ennuyeux mais on est toujours gagnant ;-)
  • Voir si on peut placer le jacuzzi sur une plaque d’isolation (à l’instar de ce qui se fait pour isoler le sol d’un bâtiment).
  • Protéger le jacuzzi du vent. De même qu’on souffle sur une cuillère de soupe pour la refroidir, le vent n’a pas son pareil pour refroidir la masse d’eau et entraîner une surconsommation d’énergie de chauffage.
  • Prévoir un accès facilité aux éléments techniques.

 

À l’usage d’un jacuzzi (spa) :

  • Étant donné qu’un jacuzzi chauffé, placé en extérieur dans le froid, consomme beaucoup d’énergie, se demander – à l’automne – s’il ne serait pas plus raisonnable de le vider et de le faire hiverner (consulter les recommandations du fabricant pour l’hivernage).
  • L’injection de bulles d’air (blower) dans l’eau la refroidit, surtout en hiver lorsque l’air est très froid. En général, plus on agite et brasse l’eau (avec les pompes de massage et les bulles) et plus on la refroidit. De plus, l’agitation dégaze le CO2 dissout dans l’eau et diminue son acidité (augmentation du pH) – ce qui nuit à l’équilibre chimique de l’eau.
  • Si le jacuzzi se couvre avec une couverture flottante (comme une piscine) ou à l’aide d’un couvercle mince, envisager l’achat d’un couvercle isolant épais, rigide et étanche. Si le couvercle s’alourdit avec le temps, c’est signe qu’il prend l’eau et que son pouvoir isolant est très réduit.
  • Éviter de laisser le jacuzzi sans couvercle: les trois quarts de l’énergie s’échappent par la surface de l’eau.
  • Nettoyer régulièrement le filtre. Un filtre encrassé freine la circulation de l’eau et demande davantage de force à la pompe.
  • Tenir les produits chimiques hors de portée des enfants et lire (vraiment) les consignes d’utilisation.
  • Lorsqu’on a versé dans l’eau du jacuzzi des produits désinfectants et des produits cosmétiques (huiles essentielles, parfums), il faut l’évacuer en respectant la législation cantonale. De préférence, on acheminera la vieille eau dans le réseau des eaux usées, afin de ne pas polluer le milieu naturel.

 

Lorsque le jacuzzi (spa) n’est pas utilisé :

  • Consulter le mode d’emploi pour connaître les réglages possibles en mode "attente" (standby). S’assurer que seule la pompe de filtration est en fonction et pas les pompes de massage (les pompes de massage de certains jacuzzis sont sporadiquement activées en mode standby pour éviter la stagnation de l’eau dans la tuyauterie).
  • Faut-il abaisser la température de l’eau entre deux utilisations, ou maintenir la température de confort ? En fait, il n’y pas de réponse toute faite à cette question. Plus la température de l’eau du jacuzzi s’écarte de celle de l’air, et plus il faut d’énergie pour la maintenir. Et passer de 36 à 37°C demande davantage d’énergie que pour passer de 35 à 36°C.
    Si on utilise le jacuzzi presque tous les jours – et qu’il est bien isolé – il vaut mieux ne pas abaisser la température de plus de deux degrés sous la température de confort. Par contre, si le jacuzzi se refroidit vite sans chauffage (signe qu’il est peu isolé) et qu’on l’utilise seulement le week-end, il vaut mieux laisser la température descendre – en prenant garde au gel, évidemment – et la faire remonter avant utilisation. Le temps nécessaire à cette remontée dépend de la température extérieure, de la puissance du chauffage et de l’isolation du bassin.
    Il faut savoir que les grands écarts de températures peuvent modifier la qualité de l’eau. Mais une eau en permanence autour de 37°C favorise les développement des algues et des microorganismes.
  • Bien couvrir le jacuzzi et vérifier que le couvercle isolant ne touche pas l’eau et ne laisse pas fuir de vapeur (signe qu’il n’est pas étanche).
  • Si on choisit de vider le jacuzzi pour le faire hiverner sans gaspiller d’énergie (ce qui est une bonne idée), s’assurer que la tuyauterie et les pompes ne contiennent plus d’eau, afin d’éviter les dégâts dus au gel (ce n’est généralement pas couvert par la garantie). Si le jacuzzi reste au dehors, bien le sécher, puis le couvrir avec une bâche étanche.

 

* Le nom "jacuzzi", utilisé pour nommer un "bassin à hydromassage" ou "spa", provient d’une dynastie d’inventeurs américains, d’origine italienne, qui ont inventé la pompe immergée (1956), puis la baignoire à hydromassage (1968). La marque Jacuzzi® produit toujours des spas et des baignoires à hydromassage.

 

Document utile

pdf 1,5 Mo- Whirlpools – Conseils pour économiser de l'électricité et de l'argent, brochure de l'Office fédéral de l'énergie

 

Retour en début d’article